Rubrique médicale

LES CONTRE-INDICATIONS A LA PRATIQUE DU BALL-TRAP

 

Il est demandé un visa médical attestant l’absence de contre-indication à la pratique du ball-trap, et les nouvelles licences comportent un emplacement prévu à cet effet. Ce certificat du médecin traitant est obligatoire chaque année pour tous les tireurs s’inscrivant à des compétitions régionales ou nationales organisées par la F.F.B.T, et fortement recommandé pour les tireurs ne pratiquant que le tir de loisir (notamment pour des raisons d’assurance en cas d’accident).

 

Nous sommes assez souvent contactés par des tireurs ou par des médecins qui souhaitent connaître les contre-indications figurant dans notre règlement médical, et il semble utile de les rappeler à nouveau ici, car il est impossible de répondre individuellement à chacun. Le tireur qui veut informer son médecin traitant peut donc lui fournir une copie de ces dispositions lors de l’établissement du certificat.

 

L’âge minimum requis est de 12 ans


Si l’initiation au tir d’un enfant de moins de 12 ans révolus peut être laissée à la responsabilité de ses parents, l’accès aux compétitions lui est interdit.
L’obtention d’une licence FFBT est donc subordonnée à cette condition d’âge.

 

Les contre-indications temporaires

 

 

*  suites de chirurgie de l’épaule (coiffe des rotateurs) du côté du bras dominant.

 

suites de chirurgie vertébrale (surtout cervicale mais aussi lombaire).


handicap fonctionnel transitoire des membres supérieurs (par exemple après chirurgie de la main).
 

traitements neuroleptiques ou antidépresseurs, lourds et prolongés.
 

*  affections évolutives graves en cours de traitement, avec répercussion importante sur l’état général et les capacités physiques.
 

*  maladies cardio-vasculaires (coronariennes) récemment opérées ou traitées, et/ou non équilibrées sur le plan thérapeutique.

 

 

 

Les contre-indications absolues et définitives :

 

déficits visuels graves, non améliorables par correction optique ou par chirurgie.
 

*  prothèse d’épaule du côté du bras dominant.


*  troubles neuropsychiatriques anciens et sévères, faisant ou ayant fait l’objet d’une prise en charge spécialisée (avec éventuellement séjours hospitaliers).

 

*  épilepsie, pertes de connaissance, vertiges, troubles de l’équilibre.

 

*  affections morphologiques statiques et/ou dynamiques sévères, en particulier du rachis dorsolombaire, avec risque de pathologie aiguë ou de dégradation accélérée.

 

*  affections cardiaques avec troubles du rythme à l’effort et/ou insuffisance ventriculaire gauche.

 

*  toute pathologie grave, mettant en jeu le pronostic vital, ou parvenue à un stade terminal à court ou moyen terme.

 

 

Dans l’ensemble, on peut voir que certaines contre-indications sont assez générales, communes avec d’autres sports, mais que d’autres sont assez spécifiques au ball-trap, en rapport avec les traumatismes répétés imposés par le recul de l’arme, ou liées à la nécessité d’une bonne coordination psychomotrice.


Enfin, la notion de perturbations psychologiques ou de troubles psychiatriques, faisant ou ayant fait l’objet d’une prise en charge médicale particulière, est à bien prendre en considération dans la perspective de l’utilisation d’une arme à feu en présence ou à proximité de nombreux autres individus, tireurs ou spectateurs.

 

 

   Docteur Marc VOUAUX, médecin fédéral national
                                                                            (revue « Ball-Trap », n°11, mai 2005)

 

LE DOPAGE EN MILIEU SPORTIF

 

HISTORIQUE


Depuis très longtemps déjà, et dès l’époque de la Grèce antique, les athlètes utilisaient des aliments particuliers et des substances toniques ou stimulantes pour tenter d’accroître leurs capacités physiques.


Le mot « dopage » (tiré de l’anglais « to dope » : stimuler, exciter) a été employé au début du 20ème siècle pour désigner les méthodes interdites parfois utilisées pour stimuler les chevaux dans les courses hippiques.


En France, plusieurs définitions légales ont été proposées entre 1965 et 1999, et l’on peut retenir que «  le dopage est défini par la loi comme l’utilisation de substances ou de procédés de nature à modifier artificiellement les capacités d’un sportif. Font également partie du dopage les utilisations de produits ou de procédés destinés à masquer l’emploi de produits dopants ».


Il faut rappeler que la FRANCE, de même que la BELGIQUE, ont été les premiers pays à réagir et à légiférer devant ce problème.


Dans les années 1960, l’opinion publique avait été marquée par plusieurs affaires de décès survenus chez des coureurs cyclistes dopés.


Ce n’est que lors des Jeux Olympiques de MEXICO en 1968, que le CIO a imposé les premiers contrôles anti-dopage.


Une réglementation internationale a donc été progressivement mise en place, et une liste de substances dopantes et de méthodes de dopage interdites a été élaborée par l’Agence Mondiale Antidopage (AMA), en accord avec le Comité International Olympique (CIO).


Au niveau national, cette réglementation est reconnue et approuvée par l’Agence Française de Lutte Contre le Dopage (AFLD) et le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF).


 

LES  SUBSTANCES  INTERDITES (liste des interdictions 2010)

  • Les agents anabolisants (androgènes, testostérone et dérivés stéroïdes) : augmentent la masse musculaire et l’agressivité.
  • Les hormones et substances apparentées (EPO, ACTH, insuline, hormone de croissance ou GH) : augmentent  la puissance musculaire et modifient la morphologie.
  • Les béta-2 agonistes (comme le SALBUTAMOL utilisé dans l’asthme) : améliorent l’oxygénation.
  • Les diurétiques et agents masquants : favorisent la perte de poids, modifient le débit urinaire et peuvent masquer certaines substances interdites.
  • Les stimulants (amphétamines, cocaïne, éphédrine, caféine) : augmentent les capacités de vigilance et de concentration, diminuent la sensation de fatigue.
  • Les narcotiques et analgésiques centraux (opiacés, morphine, cannabis) : favorisent le relâchement musculaire et diminuent la sensation de douleur à l’effort.
  • Les glucocorticoïdes (dérivés de la CORTISONE) : diminuent la sensation de fatigue, et ont une action antalgique et anti-inflammatoire, ainsi qu’un effet excitant et euphorisant.
  • Les bétabloquants (présents dans de nombreux médicaments pour l’hypertension artérielle) : ralentissent le rythme cardiaque, diminuent  le stress et le tremblement.


LES  RISQUES  LIES  A L’UTILISATION  DE  CES  SUBSTANCES

 

Sans entrer dans le détail des relations entre l’usage de tel ou tel produit dopant  et la survenue d’une pathologie ou d’une complication particulière et souvent grave, on peut retenir parmi les problèmes les plus fréquents :

  1. Troubles de la croissance, voire arrêt de  croissance chez les sujets jeunes.
  2. Ruptures tendineuses, fragilité osseuse.
  3. Baisse des défenses immunitaires.
  4. Dépression respiratoire.
  5. Troubles cardio-vasculaires parfois graves, arrêt cardiaque, hypertension artérielle.
  6. Diabète, déshydratation, œdèmes, rétention d’eau et de  sel.
  7. Cancers (foie, prostate, testicule).
  8. Pilosité excessive chez la femme.
  9. Accoutumance, dépendance,  agressivité.


EN  PRATIQUE

 

Un sportif qui ne se dope pas de façon intentionnelle, mais qui prend régulièrement un traitement médicamenteux pour traiter un problème de santé réel, doit s’assurer que les médicaments qu’il consomme ne contiennent  pas de substances  interdites, afin de ne pas risquer une sanction en cas de contrôle antidopage positif.


Au moindre doute, il est préférable de consulter la liste de toutes les spécialités pharmaceutiques   (avec leur dénomination commerciale) sur le site de dopage.com (liste des médicaments interdits).


Pour certaines substances, l’interdiction n’est pas toujours absolue, et elle peut dépendre de la dose (seuil limite à ne pas dépasser), ou du mode d’administration (tolérée par voie locale comme les anesthésiques ou les corticoïdes).


Pour éviter une procédure disciplinaire, le sportif peut être amené à se justifier selon deux modalités :


  • La demande d’AUT  (autorisation d’usage à des fins thérapeutiques), applicable pour toutes les substances interdites susceptibles d’être utilisées dans le cadre d’un traitement, qu’il faut adresser à l’AFLD au moins 30 jours avant la première compétition.
  • La déclaration d’usage, applicable en cas d’utilisation de corticoïdes par voie non systémique (intra ou péri-articulaire), ou par voie inhalée, et qu’il faut si possible adresser à l’AFLD dès la délivrance de la prescription.

 

CONCLUSIONS

 

Le dopage est un problème d’envergure internationale, qui peut toucher tous les sports (surtout le cyclisme, l’athlétisme et l’haltérophilie, mais même la pétanque, la voile ou le tir….), et n’importe quel sportif, sans distinction de catégorie d’âge ou de niveau de compétition.


Son importance réelle reste difficile à chiffrer, entre des rumeurs parfois fondées, et des aveux ou des preuves rarement obtenus.


Dans plusieurs pays, des enquêtes (anonymes) ont pu montrer que plus de 10% des sportifs pratiquant le culturisme et la musculation en salle avaient recours à des anabolisants.


Pour certains sportifs, la quête de performances et de résultats peut être liée à des enjeux financiers, à un désir de reconnaissance, ou parfois à un rêve de vedettariat.


Le recours au dopage peut aussi découler de pressions extérieures (entraineurs, sponsors) ou d’un surmenage face à un calendrier sportif surchargé.


Dans certains cas, il existe souvent une méconnaissance des dangers potentiels du dopage, et la législation dans ce domaine obéit à une double préoccupation :

  • la protection de la santé des sportifs.
  • l’attachement au respect de l’éthique du sport et de l’esprit sportif.

 

A ce titre, on doit reconnaître l’utilité des diverses instances et commissions disciplinaires, et la nécessité d’éventuelles  sanctions.

 

Il est donc regrettable de constater que certaines fédérations sportives internationales  renoncent encore aux contrôles antidopage.


 

Docteur Marc VOUAUX, médecin fédéral national (revue « Ball-trap », n° 32, septembre 2010)

 

adresses internet utiles : sports.gouv.fr / afld.fr / wada-ama.org / dopage.com  / cnosf.fr

SPORT ET NUTRITION

 

La nutrition étudie l’ensemble des processus mis en jeu lors de l’absorption et de l’utilisation des aliments et des boissons par l’organisme. Beaucoup d’études ont été consacrées aux effets d’une bonne alimentation sur la qualité des résultats sportifs. A côté des aspects techniques, physiques et psychologiques de la préparation sportive, les considérations diététiques peuvent en effet jouer un rôle essentiel dans l’accomplissement ou l’amélioration de la performance. La nutrition occupe donc une place importante au sein du programme d’entraînement global suivi par un sportif de haut niveau.

 

 


I- LES ALIMENTS


II existe trois grandes catégories d’aliments, auxquels s’ajoutent les vitamines et les minéraux, qui interviennent chacun de façon différente dans les processus de croissance, d’apports énergétiques et de régulation métabolique.


Les lipides :
1 gramme de lipide apporte 9 Kcal. Ces substances sont les plus riches en calories, et représentent une source de chaleur et d’énergie concentrée, mise en réserve et non utilisable rapidement.

On en distingue deux catégories :

  • Les graisses saturées, d’origine animale (beurre, lard), potentiellement nocives pour l’organisme (prise de poids, artériosclérose).
  • Les graisses insaturées, d’origine végétale (huiles, noix, margarines) favorables à la santé (apport de vitamines liposolubles, d’acides gras oméga 3).

          Ces graisses ne se transforment en énergie qu’après un minimum de vingt  minutes d'exercice  physique soutenu. 

 

 

Les protides : 

1 gramme de protide apporte 4 Kcal. Ces substances sont essentielles pour le développement et la croissance de l’être humain, sans être une source d’énergie, car l’organisme ne les met pas en réserve. Elles fournissent la matière (acides aminés] indispensable à la formation et au renouvellement des tissus (muscles, peau, os) et à la synthèse des hormones. Certains acides aminés, dits "essentiels", ne peuvent être produits par l’organisme, et doivent donc être apportés par une alimentation équilibrée. Les protéines sont surtout fournies par les aliments d’origine animale (viandes, poissons, œufs, lait) et il faut privilégier les viandes blanches (poulet, dinde) et les laitages, moins gras que le bœuf ou le porc.


Les glucides : 

1 gramme de glucide apporte 4 Kcal. Ils représentent une source d’énergie rapidement voire immédiatement disponible, et appartiennent à deux catégories :


  • Les sucres rapides ou simples:
    On en trouve dans les pâtisseries, les confiseries, les gâteaux, les sodas et les boissons sucrées. Débarrassés de leurs fibres et de leur contenu minéral et vitaminique, ils sont très rapidement absorbés par l’organisme, provoquant alors une élévation du taux de sucre dans le sang. Mais cet apport rapide d’énergie est de courte durée, en raison d’une décharge réactionnelle d’insuline qui fait chuter le taux de sucre.
    Les effets ressentis, fatigue et somnolence, incitent à consommer de nouveau un sucre rapide, entraînant alors une réaction en chaîne par cercle vicieux.

 

  • Les sucres lents ou complexes:
    Les plus bénéfiques, ils favorisent la digestion et le transit intestinal. On en trouve dans les céréales, les féculents, les pâtes, les farines et les pommes de terre.

 

II-  L’EAU


Elle est un élément indispensable à la vie, et il faut rappeler que 60 à 70% du poids du corps humain est composé d’eau. Elle est apportée en partie par les aliments, et en grande partie par les boissons, cette ration essentielle imposant une ingestion de liquide minimale de 1 litre ou 1,5 litre par jour.



A l’entraînement ou en compétition, lors d’efforts physiques prolongés, une mauvaise réhydratation aboutit à une baisse certaine des performances sportives. Au cours de l’effort, la consommation d’énergie augmente, et cette énergie est libérée par la dégradation des aliments. La production de chaleur qui en résulte génère une augmentation de la température du corps, et l’organisme doit se débarrasser de l’excès de chaleur grâce à divers mécanismes de régulation, dont le principal est la sudation. Lors d’un effort soutenu, un sportif peut ainsi perdre facilement 1 à 5% du poids de son corps en eau et jusqu’à 10%, soit 6 litres de transpiration pour un marathonien.


 

III-_LES VITAMINES ET LES MINERAUX

Les vitamines :

Ces substances indispensables au fonctionnement normal de l’organisme n’ont aucune valeur énergétique, et l’organisme ne les stocke pas. L’apport doit être quotidien et régulier, même si les doses nécessaires sont quantitativement infimes. Les principales vitamines relèvent de deux groupes : les hydrosolubles (C, P, B1, B2 et B12) et les liposolubles (A, D, K).

 

Les minéraux :

Ils sont nécessaires au bien-être physique et mental, et peuvent entrer dans la constitution des dents, des muscles, des os, du sang et des cellules nerveuses. Ils aident au maintien d’un bon équilibre hydrique dans l’organisme. Les principaux sont le sodium, le potassium, le magnésium, le phosphore et le fer.



Tous ces éléments vitaminiques et minéraux sont apportés par les produits laitiers, les œufs, la viande et le poisson, les légumes, les fruits secs, les céréales et certaines huiles (foie de morue).

 

Mais certains facteurs peuvent entraîner une déplétion en vitamines et en minéraux, avec diminution de leur quantité et de leur activité.

Il en est ainsi :


  • de boissons (alcool, café, thé).
  • de médicaments (laxatifs, diurétiques, antibiotiques).
  • de moyens de préparation alimentaire (friture, cuisson exagérée, mise en conserve).
  • de facteurs d’environnement (stress, convalescence, manque de sommeil, fièvre, manque ou au contraire excès d’exercice physique).


 

IV - CONSEILS PRATIQUES

L’alimentation :

La ration alimentaire quotidienne devrait idéalement être constituée de 20% de protides, 40% de glucides et 40% de lipides.
Il est clair qu’une bonne hygiène nutritionnelle doit se concevoir tout au long de l’année, et que les bonnes habitudes doivent être conservées juste avant et pendant la compétition.


Le petit déjeuner, qu’il ne faut surtout pas " sauter " est le repas le plus important, à ingérer au moins une heure et demie ou deux heures avant tout effort. Il doit comporter des éléments simples et énergétiques, faciles à digérer, comme le lait écrémé, les yaourts, les céréales, le pain, les fruits et les jus de fruits. Il faut limiter les sucres rapides (confitures, pâtisseries) et éviter les œufs frits et le bacon qui ralentissent la digestion et l’évacuation de l’estomac. Il faut se méfier de toute excentricité alimentaire le matin, notamment à l’étranger, en voulant goûter à des produits exotiques ou épicés que l’organisme n’a pas l’habitude d’assimiler.


 

Le déjeuner dans la journée est conditionné par les horaires de tir, et par le temps libre éventuel entre chaque série. Il est exclu d’envisager un repas complet si le temps imparti est trop limité, car une bonne digestion (consommatrice de calories) demande au moins une heure et demie.
Le tireur choisira un repas léger, comportant par exemple une salade ou un sandwich aux crudités, une viande blanche (dinde, poulet grillé), et un dessert digeste comme un yaourt, un fruit, ou une compote de pommes. Il évitera les aliments frits et très gras, les sauces ou épices, et les hamburgers.


Le dîner du soir  devra être pris à une heure pas trop tardive, et, si les restrictions sont moindres, la préférence sera donnée aux sucres lents (pâtes, pommes de terre) et aux protéines (poissons et viandes).
Tout abus en quantité calorique risquera d’être préjudiciable aux performances du lendemain.


Les boissons :

Seule l’eau est une boisson indispensable, et la boisson idéale pour le sportif reste l’eau fraîche mais non glacée (entre 10 et 15°), éventuellement un peu enrichie en sucre (10 à 20 grammes/litre) et en sodium (2 à 3 grammes/litre). Le sportif doit se fier à sa soif, mais en cas de forte chaleur et de sudation importante, la sensation de soif peut s’avérer trompeuse. Il faut donc boire régulièrement, idéalement toutes les quinze minutes, avant, pendant et après l’effort.



La quantité d’eau qu’un sujet peut absorber dépend de son poids corporel et peut être estimée à un volume de 100 à 200 ml tous les quarts d’heure (variable en fonction des conditions climatiques). Si le niveau de déshydratation dépasse 5% du poids corporel, une complication grave peut survenir : le coup de chaleur. La peau est chaude et sèche, la température monte (jusqu’à 41°), le rythme cardiaque s’accélère et la tension artérielle peut augmenter. Le sujet ressent des maux de tête, une certaine somnolence, parfois des frissons, et il est inutile de préciser qu’une baisse de performance est la conséquence inévitable de cet état de déshydratation.



Les autres boissons sont secondaires :


  • Le lait ne désaltère pas, mais peut neutraliser en partie l’acidité gastrique.


  • Les sodas et autres boissons sucrées sont souvent trop riches en sucres rapides, donc à éviter sauf en petite quantité, et si possible sans sucre et sans caféine.


  • Le café paraît tentant, mais l’excès de caféine (pouvant positiver les contrôles antidopage) risque de majorer l’anxiété et la nervosité, de provoquer des maux de tête et des insomnies, d’augmenter la sensation de faim et l’acidité gastrique, et de favoriser la déshydratation (effet diurétique).


  • Les " boissons énergétiques " spécialement conçues pour les sportifs, souvent enrichies en caféine, vitamines et minéraux, mais surtout riches en sucres rapides, sont à déconseiller (certaines étant d’ailleurs interdites en compétition).


  • Quant à l’alcool, en dehors d’une petite quantité éventuellement consommée lors du dîner, il ne saurait être recommandé à un sportif en quête de performances et de résultats.

 

CONCLUSION


Le tireur de haut niveau, qui participe à des compétitions durant plusieurs jours, peut être amené à dépenser davantage d’énergie (dans une seule journée) qu’un sportif durant une heure de football ou de basket-ball.
Il ne peut donc ignorer les règles élémentaires de diététique, au risque d’en subir les conséquences néfastes au niveau de la qualité de son tir.



Une alimentation inadaptée en qualité ou en quantité, ou des boissons déconseillées, avant ou pendant une compétition, peuvent provoquer de la fatigue, un manque d’endurance, une irritabilité, des difficultés à gérer le stress, ou encore des désagréments urinaires ou digestifs (douleurs abdominales et troubles du transit).


Toutefois, il n’existe pas de " régime type " ni de propositions diététiques spécifiques à la pratique du tir, et il faut tenir compte des particularités physiques et physiologiques de chaque individu. On pourrait conseiller à un tireur de haut niveau, lors de l’entraînement ou lors de compétitions peu importantes, de faire si nécessaire des expériences alimentaires et de tester ses réactions à différents types de boissons ou d’aliments, afin de ne pas commettre d’erreur regrettable le jour d’une grande occasion sportive ou d’un grand championnat.

 


                 
                                                     Docteur Marc VOUAUX, Médecin fédéral national.

                                                                                     (revue « Ball-trap », n°8, août 2004)

ALCOOL ET PERFORMANCES SPORTIVES

 

 

 

L’homme consomme des boissons alcoolisées depuis des milliers d’années, et l’usage de l’alcool est devenu un véritable problème de société pour la majorité des pays où il est disponible légalement. On considère qu’aujourd’hui l’alcool est la substance psycho-active la plus utilisée dans le monde en général, et en France en particulier.



 

Quatre phénomènes caractérisent les effets de l’alcool sur le psychisme :

  • L’appétence, qui est le désir de consommation.
  • La répétition et le renforcement de la consommation.
  • La tolérance, liée à l’adaptation de l’organisme.
  • La dépendance, avec le problème du sevrage lors de l’arrêt du produit.

L’alcool peut donc être classé parmi les drogues, et sa consommation régulière et abusive peut être assimilée à une toxicomanie.
Pourtant, il n’est pas répertorié dans la liste des substances et méthodes interdites par les instances dirigeantes du sport international.


Mais en France, les textes ministériels prévoient la possibilité pour une fédération sportive d’avoir des exigences spécifiques quant aux contrôles et aux sanctions relatives à l’usage de l’alcool (qui fait partie de la classe des substances pouvant être interdites dans certains sports).

 

1- Les effets de l’alcool

Les effets de l’alcool sur l’organisme humain sont multiples et très variés, dépendant de la quantité ingérée, de la tolérance de l’individu, et de facteurs annexes liés au poids, à l’absorption conjointe ou non d’aliments, et à l’utilisation éventuelle d’autres substances toxiques (par exemple médicaments tranquillisants ou cannabis).Certains effets à distance, survenant en cas d’intoxication chronique et assez ancienne, concernent surtout les organes digestifs (foie, pancréas, estomac).


L’alcool favorise aussi, entre autres, l’hypertension artérielle, l’impuissance sexuelle, et l’apparition de cancers du larynx ou de l’œsophage. Mais ce qui nous intéresse principalement ici, ce sont les effets sur le système nerveux.
Ces effets sont d’autant plus dangereux qu’ils sont contradictoires, avec initialement une stimulation de l’individu, puis progressivement un effet sédatif, entraînant dépression et endormissement.


Ainsi, on connaît bien les trois phases successives de l’ivresse, variant selon le taux d’alcoolémie :

  • D’abord une période d’euphorie et d’excitation.
  • Puis l’apparition de troubles de la vigilance, de la perception et de l’équilibre.
  • Enfin une somnolence ou une torpeur pouvant aller jusqu’au coma.

Les effets psychiques

L’alcool agit sur le cerveau comme un euphorisant, apportant un sentiment de bien-être et de détente, l’individu parle facilement, perd sa timidité. Il peut alors surestimer ses capacités et les performances dont il est capable.

Cet effet désinhibiteur favorise les contacts et les échanges avec les autres, mais peut aussi faciliter les manifestations de violence ou d’agressivité (passages à l’acte). Ou encore, l’effet antidépresseur passager, ressenti comme bénéfique, peut faire place à un état dépressif en cas d’intoxication chronique.

Les effets neurologiques: 

De même qu’il affecte le comportement et les émotions, l’alcool a une action dépressive sur le système nerveux central, ralentissant les fonctions cérébrales, et perturbant le contrôle de l’activité musculaire par les nerfs.

La faculté de prendre des décisions rapides et justes, ou d’accomplir des tâches obligeant à faire attention à plusieurs choses à la fois, se trouve grandement perturbée.

Le rythme auquel le cerveau traite les informations se ralentit, la capacité de concentration diminue, et le suivi d’une conversation devient difficile.

La coordination musculaire fait défaut et la maladresse apparaît (on laisse échapper des objets). La lenteur de réaction et les troubles de l’équilibre sont déjà les stigmates d’une imprégnation importante.

Au total, l’alcool engendre une altération de la vigilance et de la précision des gestes.

Les effets visuels: 

L’influence nocive de l’alcool sur la vue est très significative et elle se manifeste à différents niveaux.

La capacité d’évaluer les distances se trouve réduite, de même que la capacité de s’adapter aux variations brusques de luminosité (assombrissement ou éblouissement).
L’alcool affecte par ailleurs la capacité de repérer la présence d’objets à la périphérie du champ visuel.

2- Quelques vérités sur l’alcool: 

Contrairement à certaines idées reçues, qui ont cours chez les défenseurs de l’alcool, il faut retenir les points importants suivants :

  • L’alcool n’est pas un « remontant », au contraire ses effets nocifs augmentent avec la fatigue.
  • L’alcool ne désaltère pas, au contraire il favorise la déshydratation des cellules de l’organisme.
  • L’alcool ne réchauffe pas, mais il provoque seulement une dilatation des vaisseaux en surface de la peau.
  • L’alcool n’est pas un aliment, car les calories qu’il contient ne sont pas stockées par l’organisme. On peut devenir alcoolique très jeune (dès l’âge de 15 ans) et même si l’on ne s’en tient qu’à la bière.

 

3- L’alcool dans le milieu sportif

Dans les règles de bonnes pratiques sportives, préconisées dans la rubrique « sport et santé » du ministère de la jeunesse et des sports, l’hygiène de vie générale tient une place importante, et les méfaits de la consommation d’alcool y sont bien soulignés.


Pourtant, le milieu sportif ne se distingue pas des autres et il ne constitue nullement un « sanctuaire » où l’on ne trouverait ni excès, ni violence. On ne peut en effet considérer que la pratique d’un sport constitue à elle seule un rempart contre les excès. La pratique sportive est censée renforcer les capacités de maîtrise, de volonté et d’adaptation, et il est bien évident que les effets de l’alcool vont à l’encontre de ces louables ambitions. Il est connu que certaines équipes nationales (notamment dans le ski) sont les premières à oublier de temps en temps les consignes les plus élémentaires de sobriété.


Une enquête intéressante, sur les relations entre sport et alcool, a été menée auprès d’environ 5000 jeunes dans des centres de sélections du service national, et il en ressort que :

  • 80 % d’entre eux pratiquent un sport collectif ou individuel, régulièrement ou occasionnellement.

 

  • la bière est le premier produit alcoolisé consommé de manière régulière (par plus de 30 %), avec une consommation deux fois plus élevée que celle des autres boissons alcoolisées (vins, apéritifs).
  • elle apparaît comme la boisson de choix pour la recherche de l’ivresse.
  • cette prise régulière de bière est deux fois plus fréquente chez les pratiquants d’un sport collectif que chez les adeptes d’un sport individuel.
  • dans les motivations principales, on retrouve des arguments comme : « Ça met de l’ambiance », « C’est une habitude comme une autre », « c’est pour faire comme les copains ». ...


Dans le domaine particulier du tir :
Dans un sport comme le tir, surtout sur cibles mobiles comme il se pratique dans les diverses disciplines de ball-trap, trois qualités primordiales sont requises :                               

                                      bien voir - bien analyser - bien réagir

Les impacts négatifs de la consommation d’alcool, avec les effets neuropsychiques et sensoriels que nous avons décrits précédemment, s’exercent précisément contre ces trois fonctions.

Sur le plan visuel :

L’alcool diminue l’acuité visuelle, la coordination des yeux, la qualité de la perception du relief et de la vision périphérique.


Sur le plan mental :

L’alcool altère les capacités de jugement, de mémoire, de concentration et d’adaptation à une situation.
Il peut donner au sportif une fausse image de lui-même, car la perte d’inhibition le laisse penser qu’il est meilleur que ce qu’il vaut réellement.


Sur le plan physique :

L’alcool provoque des maux de tête, des tremblements et une perte de dextérité, allonge le temps de réaction, perturbe le sommeil, et altère les capacités de récupération musculaire.

 

4- Conclusion

L’alcool peut séduire par l’impression passagère d’un certain bien-être physique, par le fait qu’il peut favoriser les relations de convivialité au sein d’une équipe sportive, et par son pouvoir limité et transitoire de lever les inhibitions, au point de laisser croire qu’on sera plus endurant et que les performances vont augmenter.

Pour ces raisons, certains de ses défenseurs ont pu même prétendre que de faibles quantités d’alcool étaient supposées favoriser la performance sportive, en diminuant la tension et la peur, et en augmentant la confiance en soi et l’agressivité.


Mais il n’en est rien, et on ne peut imaginer substance plus opposée que l’alcool à la recherche de performances (en particulier dans le domaine du tir) avec son influence négative sur les actions liées à l’équilibre, à la coordination œil-main, et au temps de réaction.


Il faut bien comprendre que les effets nocifs de l’alcool existent même chez ceux qui n’atteignent jamais le stade de l’ivresse, qu’aucun remède ne permet de les combattre, et que l’impact négatif d’une consommation excessive peut être maximal le lendemain. La contre-performance du jour peut donc être due aux abus répétés de la veille ou des jours précédents l’épreuve sportive.


Lors de compétitions importantes, étalées sur plusieurs jours et génératrices d’une accumulation de fatigue (souvent majorée par un éventuel décalage horaire), un sportif de haut niveau pourra ainsi voir ses espoirs de titre ou de podium s’envoler au profit d’un concurrent parfois pas plus doué, mais qui aura su rester sobre jusqu’au résultat final.


Une fois l’épreuve terminée et les cérémonies officielles clôturées, l’arrosage d’une victoire ou d’une récompense reste une tradition bien sympathique que l’on ne saurait décrier si elle ne donne pas lieu à des excès susceptibles de déclencher des comportements (collectifs ou individuels) regrettables, voire inacceptables.

 

Docteur Marc VOUAUX, médecin fédéral national

(Revue « Ball-trap », trimestriel n°4, 2003)

FONCTION VISUELLE ET BALL-TRAP

 

Il est évident que la réussite dans le tir aux plateaux ne peut se concevoir sans une bonne qualité de la vision, qu’elle soit corrigée ou non.


En effet, la coordination entre l’œil et la main du tireur guide la bonne réaction devant la cible, elle-même consécutive à une analyse précise de la trajectoire qui est conditionnée par une vision si possible performante.



1- la vision

C’est la faculté de voir ce qui nous entoure, et elle fait appel à des mécanismes neuro-sensoriels complexes, qui peuvent se trouver perturbés. Dans le cadre de ce qui nous intéresse, il ne s’agit pas de se contenter de regarder simplement le plateau voler, il est question de pouvoir se concentrer visuellement et intensément sur ce plateau. Plusieurs qualités sont alors requises, relatives aux divers processus mis en jeu :

  • L’accommodation : capacité de focaliser sa vue clairement à différentes distances.
  • L’acuité : capacité de discerner la cible, de la localiser rapidement dans la périphérie du champ visuel, et de concentrer sa vue sur cette cible mobile.
  • La convergence : faculté de percevoir une seule image alors que les deux yeux fixent la cible en même temps.                                                                             
  • La perception de la profondeur et du relief : qualité permettant de percevoir les objets en trois dimensions et de mieux apprécier leur éloignement.
  • La vitesse de reconnaissance : rapidité avec laquelle les yeux identifient la cible dans son environnement.

Dès l’apparition du plateau, tous ces mécanismes, plus ou moins efficaces selon les individus, se mettent en œuvre.

Un mouvement oculaire rapide localise d’abord le plateau, et évalue sa direction, sa vitesse et sa distance.
Puis intervient un mouvement de poursuite visuelle centrée et focalisée sur le plateau.

Cela demande un effort de concentration visuelle, et toute distraction générée par un coup d’œil malencontreux vers un autre objet environnant peut aboutir à un plateau manqué, souvent en raison d’une réaction retardée ou d’un « coup de doigt ».


2- la concentration visuelle

Elle est basée sur la focalisation intense de la vue sur le plateau, qui guidera la bonne coordination des mouvements.

Le tireur doit fixer le plateau sans le quitter des yeux jusqu’au moment du tir et ne pas se laisser distraire par ce qui l’entoure (décor, changements de couleurs, ombres, bruits, flash, mouvements ou objets situés dans la périphérie de son champ visuel).

Il est possible d’améliorer cette capacité de concentration visuelle par des exercices appropriés, afin d’acquérir des facultés de réponses rapides à des stimuli visuels. Par exemple, on peut s’exercer à fixer en la suivant des yeux une balle de tennis se balançant au bout d’un fil, ou encore à concentrer sa vue alternativement pendant quelques instants sur des perles de couleurs différentes, espacées de plusieurs dizaines de centimètres et enfilées sur un long fil tendu à partir d’un mur et tenu par la main à hauteur des yeux.


Il faut savoir que l’excès de concentration visuelle peut aboutir à un certain degré de fatigue oculaire.

 

3- l’œil directeur

L’un des yeux domine habituellement l’autre dans la fonction d’intégration des stimuli visuels, et il influence bien évidemment l’alignement du fusil et le pointage des canons vers le plateau.

Tout tireur doit connaître avec certitude son œil directeur qui même si c’est le cas le plus fréquent, n’est pas obligatoirement l’œil droit pour un droitier, ou l’œil gauche pour un gaucher.


Parfois, un changement d’œil directeur peut intervenir, soit définitivement au cours de la vie (souvent entre 40 et 50 ans), soit de façon temporaire ou intermittente, en cas de fatigue visuelle inhabituelle. Ce changement inopiné est la cause d’une baisse significative des performances, qu’il faudra savoir bien interpréter, sans l’imputer par exemple à un problème de matériel (fusil ou cartouches).


Pour connaître son œil directeur, il suffit pour un droitier de pointer son index vers un objet éloigné en gardant les deux yeux ouverts et de vérifier si l’index reste sur l’objet visé lors de la fermeture de l’œil gauche : si ce n’est pas le cas c’est que l’œil gauche est l’œil directeur. Le tireur concerné par ce délicat problème a l’impression « de ne plus savoir tirer », et trois solutions s’offrent alors à lui :

  • La plus difficile pour un droitier : apprendre à tirer en épaulant du côté gauche.                                                                         

  • La plus simple : fermer l’œil gauche au moment du tir ou le masquer, soit avec un cache pivotant sur la monture de lunettes, soit avec une petite pastille collée sur le verre en regard de la pupille (pour diminuer partiellement l’influence prédominante de cet œil).

  • La plus excentrique : équiper son fusil avec une crosse torsadée et sinueuse dite "de borgne", pour continuer à épauler à droite en alignant les canons dans l’axe de l’œil gauche.


Quoi qu’il en soit, s’il n’existe pas au départ de problème particulier d’oeil directeur, il faut s’efforcer de tirer avec les deux yeux ouverts.
Ce conseil fait l’unanimité parmi les instructeurs de tirs aux plateaux. Même s’il est possible de devenir un tireur performant en tirant avec un œil fermé, il ne faut pas oublier que la qualité de la perception visuelle reste tributaire de l’utilisation des deux yeux (vision binoculaire) à différents niveaux :

  • la perception du contraste
  • la vision périphérique
  • l’appréciation du relief

Par ailleurs, la concentration visuelle exercée avec un seul œil risque d’engendrer davantage de fatigue oculaire.
Enfin, pour beaucoup de débutants, le fait de tirer avec un œil fermé incite souvent à viser le plateau, comme une cible avec une carabine, en arrêtant le mouvement, alors que le fusil doit seulement être pointé dans la direction du plateau.

 

4- la protection des yeux

Le port de lunettes à l’épreuve des plombs est grandement recommandé, avec des verres larges et incassables, que l’on ait besoin ou non d’une correction optique. Cette recommandation est même une obligation depuis longtemps aux Etats-Unis, et le deviendra à partir de 2004 en Grande-Bretagne, puis en France et lors des compétitions internationales sous l’égide de la  FITASC (parcours de chasse et compak-sporting).
Un seul plomb ou un petit éclat de plateau peut-être suffisant pour entraîner une grave blessure, voire la perte d’un œil.

Les verres de couleurs différentes peuvent avoir un intérêt selon les conditions de luminosité, comme le jaune par temps gris et sombre, ou le marron par temps très ensoleillé. S’il faut se protéger des rayons ultraviolets, on s’aidera au mieux de la visière d’une casquette, mais il faudra se méfier des verres de couleur grise ou verte foncée qui suppriment tout contraste entre le plateau et l’arrière-fond.

Pour certains spécialistes, la couleur recommandée reste " l’absence de couleur" !!
En effet, plus l’œil du tireur peut tolérer d’intensité lumineuse, plus sa pupille se rétracte, et meilleure sera la perception des détails et du relief (comme sur une photographie prise avec un appareil dont le diaphragme est peu ouvert, améliorant ainsi la profondeur de champ).

La fatigue des yeux peut survenir, comme pour tout organe, et certains facteurs jouent un rôle important :

Il faut privilégier :

  • Un sommeil d’une durée suffisante pour reposer les yeux.
  • Un environnement d’air sain, sans fumée de cigarettes, pour éviter l’irritation des globes oculaires.
  • Un temps de repos avant le tir si l’on a fait un long trajet en voiture (nécessitant une attention visuelle soutenue) pour se rendre à une compétition.

Il faut éviter :

  • D’être soumis peu avant une compétition à des heures de lecture, devant un livre ou un écran d’ordinateur, focalisant les yeux sur des petits caractères.
  • De passer inutilement de longs moments, en attendant son tour, à regarder les innombrables plateaux tirés par les autres compétiteurs, surtout par temps ensoleillé.
  • D’abuser de boissons alcoolisées, dont les effets négatifs sont biens connus pour perturber l’évaluation des distances, la vision périphérique et l’adaptation aux variations de luminosité.

Un dernier point à envisager est le clignement des yeux, parfois augmenté en cas de fatigue visuelle et neuromusculaire, ou en cas de forte luminosité.

Il se produit en moyenne 15 à 20 fois par minute, et c’est un mécanisme physiologique normal et nécessaire à la protection et à l’humidification des globes oculaires.

Le tireur doit absolument éviter de cligner des yeux pendant toute la durée du processus de poursuite et de dépassement du plateau, puis de déclenchement du tir. La durée d’un clignement d’œil étant d’environ 1/5ème  de seconde, il faut réaliser que c’est le temps mis par un plateau volant à 90 ou 100 km/h pour parcourir une distance de 5 à 6 mètres. Cette fraction de la trajectoire échappera ainsi totalement au contrôle visuel du tireur.


Docteur Marc Vouaux, médecin fédéral national

(Revue « Ball-Trap », trimestriel N°5, 2004)

INTERET D’UNE PREPARATION PHYSIQUE POUR LE COMPETITEUR DE BALL-TRAP

A priori, il peut sembler surprenant de parler d’athlète pour qualifier un tireur de haut niveau.
Pourtant, si l’on se réfère à certains participants aux disciplines olympiques de tir, ce terme d’athlète trouve toute sa justification.

On peut citer par exemple, lors des Jeux Olympiques d’Athènes en 2004, le cas des italiens Andrea BENELLI (médaille d’or au skeet à 44 ans) et Giovanni PELLIELO (médaille d’argent à la fosse olympique) qui ne cachent pas l’importance pour eux d’un véritable programme de préparation physique, régulière et encadrée, pour accomplir ce type de performances.

En France, nul doute que le prestigieux palmarès de Michel CARREGA illustre parfaitement la complémentarité souhaitable entre le tir de haut niveau et la pratique d’activités physiques et sportives.


1- Justification de l’activité physique


Les tireurs de ball-trap n’ont pas en général la réputation d’être des sportifs accomplis, encore moins des athlètes, et il est vrai que nombre d’entre eux réalisent des performances en l’absence de tout programme d’entrainement physique.
Cependant, on sait depuis longtemps que la condition physique et la force musculaire jouent un rôle essentiel dans les aspects physiques et psychologiques de tous les sports, et il faut admettre qu’il en est ainsi pour ce qui concerne le ball-trap.


Ce sport requiert une aisance et une rapidité de mouvement, qui ne peuvent être obtenues sans un positionnement le plus efficace possible, biomécaniquement, de l’ensemble des muscles et des articulations sollicités.


Le tireur effectue de nombreux gestes répétitifs de soulèvement, épaulement, déplacement et abaissement de son arme, dont le poids est levé et mobilisé des centaines de fois. Le recul imposé par le tir au niveau de l’épaule et du cou fatigue les groupes musculaires sur lesquels il s’exerce, et qui doivent absorber cette énergie.


La longueur de certaines compétitions, parfois prolongées par des épreuves de barrages, provoque une fatigue musculaire générale non négligeable, bien que variable selon les disciplines pratiquées.


Devant toutes ces contraintes, on doit donc reconnaître que l’entrainement sportif et la recherche d’une bonne condition physique peuvent bien sûr apporter un bénéfice évident au niveau des performances de tir.


2- Bienfaits principaux de l’activité physique


En dehors des effets favorables sur l’état de santé en général, l’exercice physique peut procurer trois types de bénéfices dans la pratique du Ball Trap :

Améliorer la tenue de l’arme et le mouvement de "swing"

L’entretien musculaire général augmente la capacité à maintenir fermement le poids du fusil, et à le déplacer de façon souple et fluide, mais si besoin agressive, vers la cible mobile. Il apporte une position d’attente plus détendue, mais aussi un temps de réaction plus rapide.

Aider à mieux résister à la fatigue en acquérant de l’endurance

La pratique de sports d’endurance (avec un effort aérobie) comme la course, le jogging, la natation ou le vélo, améliore l’efficacité du système cardio-vasculaire et respiratoire. Cela permet d’être moins perturbé par la fatigue générale engendrée par les longues compétitions, ou même par les séances d’entrainement au tir, beaucoup plus productives lorsqu’elles sont moins éprouvantes physiquement.

Développer mentalement une attitude et une psychologie positives

Le tireur qui investit du temps et de l’énergie dans une préparation physique complémentaire, tout cela avec des objectifs précis, se sent obligatoirement mieux disposé et plus confiant en lui.
Ce climat psychologique favorable, mérité grâce aux efforts consentis, lui renvoie une meilleure image de lui-même, indispensable à l’acquisition d’un mental de gagnant.


D’autres effets positifs intéressants sont à attendre de la pratique d’une activité physique régulière :

  • aider à maintenir son poids idéal
  • renforcer les muscles et donner davantage d’énergie
  • développer la faculté de relaxation
  • combattre l’anxiété et mieux gérer le stress
  • améliorer la qualité du sommeil


3- Modalités de cette activité


L’entrainement physique et sportif doit être envisagé comme une activité parallèle, complémentaire, susceptible de procurer des avantages significatifs moyennant un investissement modéré en temps.

Cette activité ne doit en aucun cas remplacer partiellement la pratique du tir, ni empiéter sur le programme dévolu aux entraînements de tir, et on peut privilégier les intersaisons sportives pour y consacrer davantage de temps.


Les meilleurs résultats sont obtenus au prix d’un entrainement physique régulier, car l’absence d’exercice provoque la fonte musculaire, et il faut savoir que l’endurance se perd trois fois plus vite qu’elle ne se gagne.
Il faut cependant éviter toute fatigue sportive trop rapprochée d’une compétition importante.


Un programme d’entraînement physique doit être varié pour éviter la lassitude et la saturation, et il peut bien sûr alterner des exercices purement musculaires (travail avec des poids et haltères) et des exercices d’endurance (course à pied par exemple).

La montée en puissance doit rester très progressive (modifiant la durée de l’effort, la longueur de la course, la répétition des mouvements, l’augmentation des poids soulevés), mais elle est indispensable à l’obtention de résultats répondant aux objectifs fixés.

Les types de sports permettant d’améliorer la respiration et la fonction cardio-vasculaire sont bien connus : marche, jogging, natation, vélo.
Les exercices recommandés pour acquérir davantage de force et d’endurance musculaire, ainsi qu’une résistance accrue des os, tendons et ligaments, sont plus spécifiques.


Dans la pratique du ball-trap, les tireurs n’utilisent qu’une part minoritaire de leur force pour se déplacer, marcher et se tenir debout.


La force musculaire est surtout utilisée pour manipuler, soulever et balancer le fusil, et également pour s’opposer et résister au recul. Un programme complet de mise en forme utilise idéalement la totalité des muscles de l’organisme, mais on peut se contenter ici de chercher à développer les muscles les plus sollicités, qui sont d’ailleurs beaucoup plus nombreux dans le ball-trap que dans le tir à la cible ou même le tir à l’arc.

 

Il serait trop long et trop complexe de décrire les mouvements d’entrainement recommandés pour chaque muscle, mais il est intéressant de connaître les principaux muscles mis en jeu, et qui devraient être privilégiés dans un programme spécifique, si possible encadré par un moniteur compétent :

Les muscles du cou (avant et arrière) : positionnent et maintiennent la tête en avant et contre la crosse.

Les trapèzes : assistent les épaules dans la montée du fusil.

Les deltoïdes : soulèvent et maintiennent l’arme à une certaine hauteur (position d’attente).

Les triceps : étendent les bras lors de la montée de l’arme.

Les biceps : fléchissent les avant-bras et retiennent l’arme contre l’épaule.

Les fléchisseurs et extenseurs des poignets : supportent le poids du fusil et assurent la préhension de la crosse.

Les pectoraux : subissent une partie du recul (talon de la crosse).

Les dorsaux : descendent l’arme après le tir.

Les abdominaux : maintiennent le tronc en position de tir (penché en avant).

Les muscles lombaires : stabilisent et verrouillent le dos et la charnière lombo-sacrée.

Les quadriceps : supportent le poids du corps (tonus musculaire des cuisses), surtout lors du tir avec les genoux fléchis.

 

Conclusion


La recherche d’une condition physique optimale, par la pratique d’un entraînement sportif et musculaire régulier, est certainement importante pour un tireur de haut niveau qui veut atteindre son potentiel maximal.

Si la résistance physique peut devenir un atout primordial pour le tireur en quête de performances individuelles, la force globale d’une équipe aspirant à un résultat collectif dépend aussi, bien sûr, de la force de chacun de ses éléments.

L’expérience des compétitions étalées sur plusieurs jours, avec le stress engendré, la fatigue du déplacement et les aléas climatiques, démontre bien que certains tireurs éprouvent parfois une baisse de forme physique assez subite, un "passage à vide" transitoire, qui compromet souvent tout espoir de performance finale.

Beaucoup de grands champions sont naturellement doués et consacrent un temps suffisant à l’entrainement au tir, mais la différence au plus haut niveau peut se faire sur d’autres facteurs annexes et l’entretien d’une bonne forme physique et musculaire n’est qu’un de ces facteurs, parmi d’autres comme l’hygiène de vie générale, l’équilibre alimentaire, le souci d’un repos et d’un sommeil suffisants, et la préparation psychologique.


Tout cet ensemble contribue au succès et à la réussite, mais il est bien évidemment difficile de chiffrer la seule part imputable à la force musculaire et à l’endurance physique.


Selon un coach américain bien connu (T. Migdalski, « The complete book of shotgunning games »), elle ne serait peut-être que de 5%, ce qui parait bien mince, mais sûrement pas négligeable : en effet, quel grand champion peut s’offrir le luxe d’accepter d’avance de rater 5% des plateaux qu’il tire ?


Dr Marc Vouaux, médecin fédéral national

(Revue « Ball-Trap », trimestriel N°10, février 2005)

LE COUP DE DOIGT, UNE HANTISE POUR CERTAINS TIREURS

Rares doivent être les tireurs qui n’ont jamais entendu parler du " coup de doigt ", à défaut de l’avoir eux-mêmes déjà expérimenté. Ce problème particulièrement pénible et agaçant, touchant préférentiellement les débutants et les vétérans, est par ailleurs un facteur d’échec quasiment assuré dans l’accomplissement d’une performance, donc une cause d’insuccès.

Il semble concerner plus facilement les disciplines pratiquées avec le fusil épaulé, et il est bien connu aux USA, notamment chez les champions de Trap américain. 

 

 


1-Définition


Pour définir ce phénomène du " coup de doigt " il est intéressant de se référer à sa dénomination anglo-saxonne : flinching, le verbe " flinch " signifiant fléchir, reculer, renoncer.
L’ordre mental de tirer est donné par le cerveau quand il a bien intégré le processus d’information visuelle sur la position du fusil et sur la trajectoire du plateau. Lors d’un " coup de doigt ", le cerveau a bien donné à l’index la consigne de presser sur la détente, mais il ne se passe rien, alors que souvent le tireur est persuadé d’avoir appuyé.
Il s’agit donc d’une réaction psychomotrice, à la fois physique et mentale, engendrée par l’anticipation d’une situation difficile ou douloureuse.

 Ainsi, il n’est pas rare de voir un débutant fermer les yeux au départ du coup, par appréhension, sans forcément d’ailleurs rater son plateau (pour s’en assurer, il suffit de lui demander s’il a vu le plateau se casser).

De toutes façons, ce " coup de doigt " conduit inéluctablement à une hésitation dans le mouvement, empêchant un swing continu et régulier, et aboutissant parfois à l’arrêt complet du fusil, ou à un geste incoordonné d’abaissement des canons au moment de presser la détente, le tireur paraissant alors trébucher et faire deux ou trois pas en avant.


2- Les diverses causes possibles


Les causes d’ordre matériel ou technique: 

- Avant tout, il peut s’agir d’une mauvaise adaptation de l’arme utilisée. La crosse peut être trop longue, ou dotée d’un espace trop important entre la queue de détente et la face antérieure de la poignée pistolet.
La préhension de la crosse (appui-paume trop volumineux), avec une main tournée au-dessus de la poignée, peut entraîner un geste de torsion de la détente vers l’extérieur, au lieu d’une pression directe vers l’arrière.
Une pente trop importante, empêchant de voir une partie de la bande, facilite un retard dans la perception du plateau, et dans la transmission du signal visuel au cerveau.


- Certaines anomalies mécaniques du fusil peuvent aussi favoriser un coup de doigt (notamment entre le 1er et le 2e coup) comme un ressort de rappel de détente fatigué ou cassé, une perturbation du décrochage chien/gâchette, ou une course trop longue de la masselotte de réarmement : il faudra bien savoir différencier ces incidents d’un non-relâchement involontaire de la détente par le tireur entre les deux coups.


- La qualité des départs de l’arme utilisée revêt une importance non négligeable, et il est classique de penser que des poids de départ trop élevés favorisent les coups de doigt. Mais il s’agit en fait d’une question de préférence personnelle et surtout d’habitude (d’où les fréquents problèmes rencontrés lors des changements de fusil).
S’il faut bien sûr éviter les départs qui " grattent " avec une course longue de détente et une absence de netteté, il ne faut pas se contenter de rechercher à tout prix une arme dotée d’un poids de départ très faible.


Les causes d’ordre mental ou psychologique:


- En premier lieu, il peut s’agir d’une peur ou d’une appréhension, surtout chez les débutants : crainte de l’arme, peur du recul, de la détonation et du bruit, méfiance vis-à-vis de la puissance d’une cartouche. Le subconscient du tireur refuse simplement de laisser le corps subir une nouvelle agression physique, ce qui se traduit par le coup de doigt.

- Il peut aussi s’agir d’une anxiété importante, en rapport avec des soucis personnels, ou générée par un enjeu comme c’est le cas en compétition, et il est clair que certains tireurs n’ont jamais ou rarement de coups de doigt lors de l’entraînement. Le désir de vouloir trop bien faire et la peur de rater (par exemple un plateau difficile ou très technique) ont souvent un effet pervers, en imposant inconsciemment au cerveau de vérifier et de parfaire encore l’alignement de l’arme alors que c’est le moment de tirer.


Les conditions d’environnement:


Elles sont également susceptibles de favoriser le coup de doigt.
Ainsi, le froid avec un certain degré d’ankylose musculaire, ou la mauvaise visibilité, à l’origine d’une réaction plus lente et d’une diminution globale des réflexes. Le port de vêtements chauds, épais mais inadaptés à un bon positionnement du fusil au niveau de l’épaule, ne fait de plus qu’aggraver les choses.


3 - Les solutions


Elles découlent des différentes causes étudiées précédemment, et paraissent assez faciles à mettre en œuvre au cas par cas, même si le résultat n’est pas toujours aussi satisfaisant qu’on le voudrait.


Sur le plan technique et matériel, on surveillera :


  • L’efficacité et la qualité de la protection auditive utilisée, pour ne pas appréhender la détonation.
  • L’intensité du recul, à maîtriser au mieux grâce au choix de cartouches appropriées, à l’installation d’un dispositif anti-recul sur la crosse, ou encore à l’adoption d’un fusil automatique à emprunt de gaz.
  • La mise en conformité et l’adaptation du fusil, aussi parfaite que possible, surtout pour la pente et la longueur de crosse.
  • La forme et le volume de la poignée pistolet, devant procurer un " grip " facile et sans tension musculaire sur la main et le poignet.
  • La position de la détente, et sa possibilité éventuelle de réglage permettant au tireur de choisir une technique constante de pression, soit avec l’extrémité de l’index (pulpe de la dernière phalange), soit avec le pli de flexion inter-phalangien.
  • Le poids des départs, avec une valeur idéale se situant aux environs de 2 kg, parfois un peu plus lourd pour le deuxième coup, en évitant si possible tout ce qui est inférieur à 1,5 kg.

On aurait tort de penser qu’un coup de doigt a d’autant moins de chances de se produire que l’arme dont on dispose possède des départs très légers. Des départs très légers sont parfois dangereux, et peuvent au contraire entraîner des coups prématurés, avant même d’être sur le plateau. À la différence du tir de précision à la carabine, qui requiert des départs très sensibles, le tir aux plateaux se fait en mouvement, et l’effort de pression sur la détente ne peut avoir de réelle influence sur la précision de placement de la gerbe.
Sur un grand plateau " traversard ", accompagné par un mouvement relativement long, le tireur muni d’un fusil aux départs trop légers risque d’appuyer progressivement sur la détente et de déclencher le coup involontairement, avant le moment choisi. 


Sur le plan physique, il faudra :


  • Rechercher un repos et un sommeil de qualité, avant toute compétition, car la fatigue est une grande pourvoyeuse de coups de doigt.
  • Éviter toute fatigue visuelle inutile, telle que celle provoquée par le soleil ou les atmosphères enfumées.
  • Bien placer ses yeux et bien se préparer avant la demande du plateau, un coup de doigt résultant parfois d’une vision trop tardive de la cible.
  • Se relaxer dans la mesure du possible entre chaque plateau (fosse) ou entre chaque poste (parcours), en s’aidant d’une respiration profonde et lente pour oxygéner au mieux le cerveau.
  • Limiter la consommation de boissons alcoolisées ou d’excitants (café, vitamine C) qui perturbent la coordination psychomotrice.

Sur le plan psychologique :


  • Une bonne préparation mentale doit permettre de développer une attitude positive de gagnant et un regain de confiance en soi, car la peur de rater peut déclencher un coup de doigt, puis, la crainte d’un nouveau coup de doigt majore alors l’anxiété, favorisant par un cercle vicieux de nouveaux coups de doigt conduisant à l’échec.
  • L’effort de concentration doit être à son maximum en ne pensant qu’au plateau que l’on s’apprête à tirer (et pas aux plateaux touchés ou ratés précédemment).
  • La focalisation visuelle sur la cible doit rester intense, afin d’optimiser la coordination entre le cerveau et le reste du corps, pour que l’ordre de tirer ne soit transmis qu’au moment où une parfaite synergie est obtenue entre le mouvement du tireur (et de son arme) et la position du plateau.

 

4 - Conclusion


Le " coup de doigt " est une affection qui peut se développer soudainement, aussi bien chez des débutants que chez des tireurs confirmés, perturbant grandement les capacités de tir et les résultats, et pouvant aboutir, sinon à une préoccupation obsessionnelle, du moins à un certain désagrément incompatible avec le plaisir de tirer.

Si les causes peuvent en être multiples, elles sont souvent intriquées, ce qui impose une analyse soigneuse de tous les paramètres mis en jeu, avant d’essayer de trouver un " remède " qui ne sera jamais miraculeux. Dans tous les cas, il faut dédramatiser le problème, car  une véritable spirale infernale risque d’apparaître, avec une accentuation du phénomène provoquée justement par la crainte de le voir survenir.


                                                                                  Dr Marc Vouaux, médecin fédéral national                                                                                       

                                                                                     (Revue « Ball-Trap », n°9 , décembre 2004)