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mercredi 28 novembre

INTERVIEW DU PRESIDENT DENIS JULIEN

BTM : Tout d'abord, Président, merci d'avoir accepté de répondre à mes questions ; je souhaiterais,  si vous m'y autorisez aborder tous les sujets concernant votre sport et me faire l'écho pertinent des nombreuses interrogations des tireurs que j'ai l'occasion de rencontrer lors de mes reportages.

 

DJ : Vous savez, je suis Président d'une Fédération sportive et non pas un homme politique rompu à l'art d'éluder les questions embarrassantes ! Je n'ai aucune raison de ne pas répondre honnêtement à vos sollicitations et c'est sans réserve que nous pouvons commencer cet entretien.


BTM : L'année 2011 s'est avérée une année plutôt intéressante pour votre fédération au niveau sportif, quelle est votre analyse sur les performances de vos tireurs ?


DJ : Effectivement, 2011 restera un millésime d'exception pour la FFBT. J'aimerai connaître beaucoup d'autres années comme celle-ci... Nous avons vu émerger de nouveaux grands champions qui ont signé là une page de l'histoire fédérale. Le Comité Directeur et moi-même sommes très fiers d'eux et je tiens encore à les féliciter. Espérons que 2012 nous apportera autant de satisfaction.


BTM : Comment selon vous se sont déroulés les championnats nationaux pour cette saison 2012 ?

 

DJ : Je voudrais tout d’abord faire un petit aparté et revenir sur le championnat de France de Parcours de Chasse 2011. Cette compétition qui se déroulait sur 4 jours avec tous les frais et inconvénients inhérents a subi la concurrence du championnat du monde d’Orville prévu 15 jours plus tard. Le manque de participation et l’insatisfaction des tireurs nous ont contraints à remettre en question les principes d’organisation de ce championnat.


BTM : Effectivement, lors de votre discours de clôture à Saint Lambert, vous aviez annoncé un retour à la compétition sur 3 jours en 2012. Pourquoi ce brusque retour en arrière ?


DJ : En 2008 et 2009, l’organisation de ces compétitions sur seulement 4 lignes de tir nous avait contraints à refuser l'inscription d'un grand nombre de tireurs générant ainsi un fort mécontentement. Il faut avoir à l'esprit, que pour beaucoup d'entre nous, la participation aux « France » est l'objectif de la saison !

Dans un premier temps, la commission sportive avait opté pour une compétition sur 4 jours permettant ainsi d’accueillir plus de participants.

Mais il faut savoir tirer des enseignements de ces échecs. Un championnat sur 4 jours est trop long. Nous avons donc décidé de revenir à une formule qui nous avait donné satisfaction : une organisation de tir de 8 lignes sur une durée de 3 jours seulement.

Restait à convaincre les stands susceptibles de nous suivre sachant que les contraintes techniques, pratiques et financières sont importantes.

Le club de la Cerisaille et la famille DULARY nous ont permis de tester ce nouveau cahier des charges lors de la 1ère présélection qui s'est avérée un grand succès. La satisfaction des tireurs  qui ont participé au championnat de France de Signes corrobore notre décision.


BTM : Effectivement, de l'avis de tous, le plaisir de tirer sur 8 lignes de tir est tout autre ; alors pourquoi avoir accepté lors de votre précédent mandat des championnats de Parcours de Chasse sur 4 lignes ?


DJ : (rires!) C'est le poids de l'histoire !


BTM : Ce n'est pas une réponse, Président ! Précisez votre pensée s'il vous plait !


DJ : En fait, il y a quelques années, les responsables de la Commission technique avaient persuadé le Comité Directeur que les championnats de France sur 4 lignes auraient pour avantage de permettre à un plus grand nombre de stands de postuler à l'organisation offrant ainsi plus de diversité aux tireurs. Soit, cette idée était louable mais il s'en est suivi ce que nous avons connu ces dernières années.

 

BTM : Par contre, j'entends des tireurs se plaindre que le prix de l'engagement était trop élevé, que l'augmentation de tarif était injustifiée. Qu'avez-vous à répondre ?

 

DJ : Vraiment, ces propos m'irritent ! Réfléchissez, une compétition sur 4 lignes mobilise 60 machines avec les équipes techniques en conséquence ainsi que 29 arbitres pendant 4 jours. 8 lignes demandent, en plus de l'ampleur du travail de préparation, 120 appareils avec plus de personnel. La FFBT, elle, doit supporter les frais de secrétariat, la logistique et le dédommagement de 38 arbitres pour encadrer la compétition. Le travail n'est pas le même,  les frais non plus !

 

BTM : Je constate que nous abordons un sujet sensible !

 

DJ : Effectivement, j’aspire à être à l’écoute de tous... et surtout de la critique constructive émanant des dirigeants ou des tireurs. Mais je garde à l’esprit que nos décisions doivent être prises dans l’intérêt général de la FFBT. Dans ce cas,  la Fédération se doit d’allouer aux organisateurs une redevance digne des efforts fournis pour offrir à nos licenciés une compétition de qualité. Le tireur, lui, économise sur ses frais d'hébergement et de restauration ainsi que sur ses jours de congés, chacun  y trouve donc son compte !

 

BTM : Pourtant, les compétitions rapportent de l’argent à la FFBT ?

 

DJ : Vous le savez, je diffuse tous les ans en début d'année, le résultat des compétitions nationales. Reprenez Ball-Trap Magazine de mars et vous verrez que nos  championnats de France 2011 ont tous été déficitaires. Faut-il faire perdurer cette situation sans réagir ? Pour 2012, l’augmentation de 15 % ne concernait que les compétitions se déroulant sur 8 lignes.

 

BTM : Vous évoquez l'intérêt général, pourtant on me rapporte souvent que les décisions prises par les dirigeants de la FFBT sont la conséquence d'intérêts particuliers;

 

DJ : (rires !!) Là, vous me provoquez !

 

BTM : Pas du tout, Président, beaucoup d'adhérents  pensent que les dirigeants sont rémunérés. Pouvez-vous nous faire connaître les avantages liés à cette fonction ?

 

DJ : Comme je le répète à chaque Assemblée Générale fédérale et à chaque fois que j'en ai l'occasion, aucun dirigeant de la FFBT y compris le Président n'est rémunéré et ceci depuis mon premier mandat en 2001. Nous sommes tous des bénévoles à l'état pur. Et pourtant, croyez-moi, gérer la FFBT est un travail à temps complet pour le Président. Les gens qui m'entourent travaillent et donnent de leur temps juste par passion. Nous sommes simplement défrayés pour l'exercice de nos différentes missions comme nos amis les arbitres par exemple.

 

BTM : Pourtant la question de la rétribution a été évoquée à plusieurs reprises, elle a même été prévue dans les statuts.

 

DJ : Effectivement, nos statuts mentionnaient cette possibilité. Non seulement, nous n'avons jamais mis cette faculté en application, mais en 2011, j'ai proposé au Comité Directeur, qui l'a accepté, d'amender cet article.  Il faut que nos licenciés soient conscients que le jour où le Président sera rémunéré, les autres membres du Bureau voudront également l'être ce qui sera source de conflits et discordes. Une telle décision aurait pour conséquence l’appauvrissement de notre Fédération. Nos budgets restent restreints et ne supportent aucun errement.

 

BTM : Vous faites état de budgets restreints ; alors pourquoi cet achat de nouveaux bureaux ?

 

DJ : C’est très simple. Voyez-vous, dans la vie, il y a des opportunités qui ne se présentent qu'une fois et c'est ce qui s'est passé avec cet espace de plus de 200 m2 sur le même palier que le siège fédéral. Après avoir négocié un prix très intéressant, il aurait vraiment été stupide de laisser passer cette affaire alors que nous manquions de place. L'Assemblée Générale convoquée à cet effet a d’ailleurs approuvé notre proposition. Nous avons également été fortement encouragés par le Ministère lors de la présentation de ce projet.

 

BTM : Pourtant, certains adhérents pensent que la FFBT capitalise avec l'argent des tireurs. Que répondez-vous à de telles insinuations ?

 

DJ : Encore une fois, je suis attristé par de tels propos sans fondement ! La critique est si facile... Je veux juste rappeler qu'en 2001, lorsque j'ai accepté la présidence fédérale, la FFBT était alors sérieusement endettée et je n'ai vu personne venir à son secours. Avec les élus qui se sont succédé autour de moi,  la somme d'efforts que nous avons déployé pour redresser cette situation mérite le respect, et non le dénigrement systématique de certains de nos détracteurs.

Je peux admettre les reproches et les divergences de points de vue sur les orientations et les choix de développement faits par les dirigeants fédéraux. Mais je ne peux laisser dire que la FFBT capitalise en des termes péjoratifs. Je peux affirmer aujourd'hui que l'entreprise FFBT ne s'est jamais aussi bien portée. Ses membres devraient être fiers que leurs élus pérennisent leur Fédération et leur sport. Nous avons même réussi à gagner la confiance des industriels des armes et des munitions pourtant très réticents les premières années.

 

BTM : Président, corrigez-moi si je me trompe, mais la FFBT n'est pas une entreprise ?

 

DJ : Vous avez raison, mais volontairement j'ai choisi de gérer la Fédération  avec la même rigueur et le même esprit qu'une entreprise. Croyez-moi, nous avons galéré pour bâtir une trésorerie saine, pour devenir autonome sans altérer le fonctionnement sportif. Aujourd'hui, la FFBT est en bonne santé, mais le monde traverse une crise financière majeure et il nous faut garder les pieds sur terre. Il faut donc prévoir et nous prémunir contre le pire, afin d'éviter de grandes déconvenues.

Je le répète, la gestion fédérale est transparente, et nos bilans annuels sont le reflet de notre constance.

 

BTM : Nous avons parlé du Parcours de Chasse, mais qu'en est-il des autres disciplines ?

 

DJ : Nous sommes très satisfaits de l'évolution du DTL depuis quelques années, les compétitions attirent un grand nombre de participants et l'ambiance est toujours très conviviale. Le Compak Sporting et la Fosse Universelle sont également des disciplines qui  évoluent bien tant au niveau du nombre de pratiquants que des résultats. Par contre, le Tir aux Hélices et le Sanglier Courant ne rencontrent toujours pas le succès escompté et nous restons interrogatifs sur leur développement.

Les tireurs doivent savoir que nous traitons toutes les disciplines majeures de manière égalitaire. Chaque licencié doit pouvoir prendre du plaisir en pratiquant la discipline de son choix. Même si nos champions sont la vitrine de notre sport, nous ne devons jamais oublier nos adhérents loisirs et occasionnels ainsi que l’ensemble de nos compétiteurs départementaux et régionaux qui sont par leur présence dans nos clubs et nos compétitions l'essence de notre système. J'ai pour eux le même respect que pour les tireurs reconnus.

 

BTM : Oui, mais ceux-là ne rapportent pas de médailles à la FFBT !

 

DJ : C'est vrai, cependant, ils contribuent largement au fonctionnement de notre système fédéral et par conséquence aux médailles de nos champions. Le coût de leur licence n'est pas différent de celui des compétiteurs.

 

 

BTM : Pourtant, il se dit que le Ministère finance les médailles gagnées à l'international. Votre intérêt n'est-il pas de favoriser l'élite de nos tireurs ?

 

DJ : Depuis des années j'entends dire même par nos propres tireurs ou leur entourage que nous vendons les médailles à notre ministère. Et depuis des années, je dis que c'est faux ! Que nos champions gagnent beaucoup ou peu de médailles, la subvention ministérielle n'en sera nullement impactée. La preuve, bien que 2011 fut une année exceptionnelle, le ministère nous a informé d'une baisse de 8,5 % de notre subvention pour 2012, conjoncture oblige. Et soyons lucides, ce n'est que le début des restrictions budgétaires.

Quand nous envoyons une prime d'encouragement à nos tireurs méritants, nous le faisons sur nos fonds propres.

Il n'y a aucun secret, la subvention ministérielle s'élève à 104 900 €. Comment voulez vous faire voyager nos équipes nationales à travers le monde avec un tel budget, si ce n'est par notre autofinancement et par le soutien de nos partenaires.

 

BTM : Sur les diverses compétions, on vous voit toujours très proche des arbitres que vous semblez protéger, pourquoi ?

 

DJ : Les arbitres n'ont pas besoin d'être protégés. Ils assument pleinement leur responsabilité de directeur des tirs pour laquelle ils ont été formés. J'ai beaucoup de respect pour ces hommes et ces femmes qui exercent bénévolement cette fonction ingrate avec des conflits parfois difficiles à gérer. Leurs journées sont parfois longues et les conditions climatiques difficiles. Ajouter à cela  les remarques et la nervosité de certains tireurs...

A ce titre, ils méritent attention, considération et respect. Ils sont indispensables à notre système, nous ne pouvons nous passer d'eux.

 

BTM : Considérez-vous que l'arbitre a toujours raison ?

 

DJ : Non, je n'ai jamais dit cela ! Mais les erreurs d'arbitrage et leurs conséquences font partie intégrante de tous les sports. Les arbitres sont des êtres humains et ne sont donc pas infaillibles, ce n'est pour autant qu'il faut les discréditer. Je le dis souvent, je suis très fier du corps arbitral français qui comme nos champions est une vitrine de l'image de notre Fédération.

 

BTM : Ne sont-ils pas trop nombreux sur les compétitions générant ainsi des coûts importants ?

 

DJ : Vous savez, nous avons déjà réduit le nombre d'arbitres sur le terrain, mais il nous faut tenir compte de la pénibilité de leur charge. Une attention soutenue ne peut être demandée pendant 8 ou 10 heures d'affilée. D'ailleurs, si la fonction d'arbitre était aussi simple que certains le laissent entendre, il y aurait pléthore de candidats, or c'est loin d'être le cas.

Concernant le coût, effectivement il représente un gros poste dans les dépenses fédérales et pourtant ces frais sont incontournables et justifiés. Nos arbitres sont des bénévoles qui ne sont que défrayés de leurs kilomètres. Nous leur assurons comme il convient une restauration et un hébergement de qualité. Vous serez d'accord avec moi pour dire que c'est bien là le minimum que nous pouvons faire pour eux.  J'ai beaucoup voyagé et je peux vous certifier que les arbitres français n'ont rien à envier aux autres nations.

 

BTM : Ne peut-on pas alors envisager la professionnalisation de l'arbitrage à la FFBT ?

 

DJ : C'est un sujet de réflexion qui est régulièrement abordé avec le Président de la commission d'arbitrage. Partir du postulat que nos arbitres seraient imparfaits parce qu'ils ne sont pas payés constitue à mon avis un raccourci caricatural. Je ne suis pas persuadé que le salariat de nos arbitres améliorerait la qualité de la prestation. Par contre ce dont je suis sûr, c'est que le financement et les charges sociales inhérentes plomberaient encore plus le coût de nos compétitions. D'autre part, nos arbitres ne seraient pas forcément d'accord pour percevoir un revenu supplémentaire qui serait obligatoirement déclaré donc fiscalisé.

 

BTM : Alors comment rendre encore plus performant l’arbitrage et susciter de nouvelles vocations ?

 

DJ : L'amélioration de l'arbitrage est un sujet sérieux, et bien que le corps arbitral ait fait de réels progrès depuis plusieurs années, il nous reste dans ce domaine du chemin à parcourir. Je crois qu'il serait déplacé de considérer que la solution miracle existe, que les difficultés peuvent être réglées en trois phrases tonitruantes à la sortie d'un pas de tir. 

Alors, nous travaillons avec eux à l'amélioration de leur fonction et de leurs conditions de travail. Nos arbitres sont formés, encadrés et leur «carrière» règlementée par un cahier des charges précisant les conditions et les aptitudes demandées pour exercer et évoluer.

Il faut être conscient que la commission d'arbitrage est l'une des plus difficiles à gérer, la gestion du bénévolat n'est pas chose aisée.

 

 

BTM : Maintenant Président, pouvons nous aborder le sujet des stands et clubs FFBT ? Leur nombre est-il en régression ?

 

DJ : Pas du tout, le nombre de nos stands reste stable. Je suis très fier de la mise en place de notre action « défense des stands » qui date du début de ma première mandature. Je regrette simplement que mes prédécesseurs n'aient pas eu la même volonté car de nombreux sites ont été fermés et sont définitivement perdus pour notre sport avec les dommages collatéraux que cela entraîne. Mais le passé est ce qu'il est, nous nous devons maintenant d’être présents auprès des clubs qui rencontrent des difficultés. Les anti-bruits, les anti-plombs et anti-tout sont de plus en plus nombreux. Sachez que nos relevés d'émergence et nos préconisations en terme environnemental sont reconnus par les tribunaux. Nous récoltons actuellement les fruits du travail de notre ami Mario VALERI qui s'est battu pendant plusieurs années à mes côtés pour faire modifier le décret sur le bruit et qui a formé nos techniciens actuels. C'est avec l'effort de solidarité de nos licenciés que toutes ces interventions ont été rendues possibles. Peu de clubs ont la trésorerie suffisante pour faire face aux frais importants générés par les procédures et autres expertises judiciaires souvent très longues et surtout très coûteuses.

 

BTM : Avez-vous l'impression que les stands reconnaissent et apprécient ce que la  FFBT fait pour défendre ses structures ?

 

DJ : Oui, sans hésitation ! Chaque dirigeant a compris que les difficultés rencontrées aujourd'hui par un voisin peuvent demain être siennes. Nos 575 clubs sont la quintessence de notre système fédéral. Qu'ils soient entièrement bénévoles ou professionnels, les défendre est une priorité de notre Fédération. Je suis très admiratif du travail qu'ils font. Ils accueillent les tireurs, favorisent la pratique de nos diverses disciplines, contribuent à la formation et à l'émergence de nos champions. Nous nous devons de tout faire pour les garder et les aider à se développer.

 

BTM : Vous n'avez pas encore parlé des ligues et des comités départementaux ?

 

DJ : Effectivement, ces organes décentralisés ont une importance essentielle dans notre organisation. Leurs élus contribuent à la bonne marche fédérale. Ils sont, dans leur région ou département, les ambassadeurs de la Fédération dont ils sont statutairement solidaires et dépendants. Nous sommes très respectueux du travail administratif et sportif qu'ils fournissent. Nous essayons de rester attentifs à leurs besoins et à leurs demandes.

 

BTM : Président, nous avons beaucoup parlé de l'existant. Mais avez-vous des projets pour l'avenir de la FFBT et quels sont-ils ?

 

DJ : Heureusement que j'ai des projets ! Lorsqu'on préside aux destinées de 21835 licenciés, il faut toujours avoir des projets pour pérenniser et de développer notre sport et notre Fédération. Ces projets se doivent d’être ambitieux mais pas démesurés.

 

BTM : Pouvez-vous m'en dire plus, être plus précis ?

 

DJ : Tout d'abord il nous faut faire encore plus pour les jeunes, pour les attirer dans nos stands, les fidéliser, les former et les soutenir. Chaque échelon de notre système a son rôle à jouer, les clubs pour la formation et la détection, la fédération, les ligues et les comités départementaux pour les aides.

 

BTM : Il est vrai que l'attribution de fusils fédéraux à des tireurs cadets et juniors est unanimement applaudie.

 

DJ : Bien sûr, ces 62 fusils sont un plus important sachant que beaucoup de nos jeunes débutent le ball-trap avec un fusil non adapté à leur morphologie. L'acquisition d'une arme est un réel effort financier pour de nombreux parents. Mais il ne faut pas que cette initiative fasse oublier une autre action qui rencontre également un grand succès, les cartouches jeunes.

A ce jour, et depuis la mise en place de cette opération, nous avons contribué à l'achat de 10 500 000 cartouches. Quand je suis arrivé à la Présidence, rien de tel n'existait et maintenant tout cela semble tellement naturel ! Nous intervenons également auprès d’autres publics comme les féminines, les Clubs France et les « handisport » par exemple. Nous voulons dans les mois à venir mettre en œuvre un véritable plan de formation des différents acteurs du Ball-Trap, tireurs mais aussi initiateurs, formateurs, arbitres et également dirigeants.

 

 BTM : A priori, vos interventions sont peu connues ou passent souvent inaperçues. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?

 

DJ : vous savez, je connais bien la FFBT, ses points forts et ses points faibles. C'est vrai que la communication est un domaine fédéral défaillant actuellement. Il nous a fallu  repenser complètement ce secteur et trouver les personnes capables de nous aider. C’est maintenant chose faite et vous en verrez les premiers résultats très bientôt.

Il y a beaucoup à faire au sein de la Fédération et rien n'est facile. N'oubliez pas que les dirigeants sont des bénévoles et que notre travail repose sur le volontariat.

 

BTM : Parlez-nous de vos autres projets, Président.

 

DJ : Un autre dossier me tient particulièrement à cœur. Je souhaite créer un centre de formation fédéral où nous pourrions rassembler nos équipes nationales, nos jeunes espoirs pour les entraîner et les préparer aux grands rendez-vous internationaux. C’est un élément incontournable pour la mise en place de notre politique de formation.

 

BTM : Ne deviez-vous pas vous associer à la FFT sur ce projet de stand national à Châteauroux ?

 

DJ : Effectivement, avec la Fédération Française de Tir à l'Arc, nous avions été conviés à visiter le site. Si cette ancienne installation militaire convenait parfaitement aux besoins de la FFT par son espace et les installations déjà présentes, il n'en était pas de même des nôtres. Le terrain qui nous était attribué était plat, mal orienté et le seul espace boisé présent promis à l'abattage. Dommage, je regrette beaucoup. La cohabitation sportive et la mutualisation de certains bâtiments n'avaient pour nos fédérations rien de dérangeant. Je pense même qu’elle aurait été positive et enrichissante pour tous.

La FFBT est donc toujours à la recherche d'un lieu qui pourrait recevoir deux installations de chacune de nos disciplines majeures ainsi que des locaux permettant l'accueil et la formation. Je précise que notre volonté n'est pas de nous substituer aux stands qui eux continueront d'organiser nos compétitions.

 

BTM : Mais comment financeriez-vous ce projet ?

 

DJ : Comme je vous l'ai dit, je travaille sur ce dossier depuis plusieurs années. J'ai déjà soumis cette idée à plusieurs partenaires qui sont prêts à nous suivre et qui me relancent d'ailleurs régulièrement pour sa réalisation ! J'ai également présenté l'idée de ce centre au Ministère qui l'a très bien accueilli.

 

BTM : Effectivement, c'est un projet ambitieux qui répondrait à un véritable besoin du monde du Ball-trap, mais encore ?

 

DJ : Nous étudions également avec le Comité Directeur d'autres pistes et idées réalisables à plus court terme. Je m’efforce actuellement de rassembler des compétences présentes chez nos adhérents pour renforcer les commissions techniques. Nous travaillons également à la reconnaissance de notre pratique sportive et de nos disciplines auprès des instances institutionnelles. Et puis, il nous faudra également mettre en œuvre l'informatisation des licences pour alléger les contraintes administratives à tous les niveaux de notre fonctionnement.

 

BTM : Pour terminer, je voudrais aborder avec vous le sujet qui a été au cœur de beaucoup de conversations cette saison. Je veux parler des prochaines élections fédérales. Que pouvez-vous nous dire ?

 

DJ : Il est vrai qu'apparemment, ce sujet mobilise déjà quelques tireurs et dirigeants. Nous ne sommes pas sans savoir que des candidats se sont déjà déclarés. Pour nous, ce n'est là qu'un fonctionnement démocratique. L'équipe actuelle, que je tiens à remercier vivement pour son investissement et sa disponibilité durant ces 4 années, reste mobilisée et continue de travailler sans défaillir pour préparer la saison 2013 et pour assurer la bonne marche de la FFBT. Je tiens à les associer et partager avec eux la fierté de mon bilan.

 

BTM : Président, merci d'avoir bien voulu répondre à toutes ces questions.

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